Axel Witsel

Enfant de la balle et homme de cœur

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Ville à la beauté féérique rehaussée de magnifiques palais et segmentée par 400 ponts et des canaux plus romantiques les uns que les autres, Saint-Pétersbourg dévoile au grand jour tous ses charmes et révèle, à chaque coin de rue, un nouveau décor de théâtre. C’est ici, au coeur d’une destination de rêve pour tous les amoureux des arts et de l’histoire, qu’Axel Witsel le Bienheureux a trouvé refuge, il y a presque douze mois, dans une atmosphère où flotte encore le faste des tsars. Et pas des stars, l’intéressé ne s’étant jamais ni considéré, ni comporté comme tel.

Axel Witsel, c’est d’abord l’histoire d’un surdoué du football et d’un itinéraire sportif jusqu’ici parfaitement maîtrisé. Débuté à Vottem et à Visé, avant de transiter, dès l’âge de 9 ans, vers le Standard. “Le club liégeois m’avait invité à  passer un test, qui s’était avéré positif“, se souvient-il. “Mais je n’avais franchi le pas qu’un an plus tard, tant je m’amusais bien avec mes amis“. Tout, dans cette phrase, est résumé: fidèle en amitié, le maître à jouer des Diables rouges est un véritable enfant de la balle, né, comme le dit son papa, Thierry, “avec un ballon dans le ventre“.

Axel ne jure, du reste, que par ça, allant jusqu’à repousser, à quinze ans seulement, des offres fermes émanant de clubs aussi prestigieux qu’Arsenal, le Real Madrid et Feyenoord, pour privilégier le seul aspect qui compte véritablement à ses yeux: le jeu et rien que le jeu. “Enfant, je n’ai jamais eu qu’une seule passion“, dit-il aujourd’hui. “Le football…

Pur produit du centre de formation du Standard, Axel Witsel a tout vécu en bord de Meuse. Ses premiers pas dans le milieu professionnel, sous la houlette de Michel Preud’homme, mais aussi des succès sportifs retentissants. A l’image de ce titre de champion de Belgique ramené à Sclessin le 20 avril 2008, vingt-cinq ans après le dernier, et face au rival de toujours, Anderlecht. A l’image, aussi, d’un doublé réalisé douze mois plus tard, sous les ordres de Laszlo Bölöni, face au même adversaire, grâce à un penalty converti avec un sang-froid devenu sa marque de fabrique. Axel Witsel, c’est également deux Supercoupes de Belgique, glanées en 2008 et 2009, un titre honorifique de Jeune pro décerné en 2008 et un Soulier d’or (2008 également) décroché pour quatre petits points, au nez et à la barbe de son équipier serbe Milan Jovanovic.

C’était un véritable objectif dans ma carrière“, confie-t-il, tout sourire, au moment de recevoir sa récompense. Son rêve suprême? Soulever le Ballon d’or européen. Un jour peut-être…

Le parcours liégeois d’Axel Witsel est lié, très étroitement, à Anderlecht. Le dimanche 30 août 2009, lors d’un match au stade Constant Vanden Stock, dans un contexte pourri par les déclarations incendiaires des deux directions, le médian liégeois commet une faute sur le défenseur polonais Marcin Wasilewski, lui causant une double fracture ouverte du tabia et du péroné droit. L’image, insoutenable, fait le tour du monde. Witsel est pointé du doigt, accusé de tous les maux, affublé, du jour ou lendemain, d’une réputation de voyou et de brute qu’il n’a jamais été.

L’affaire prend très rapidement des proportions détestables. Axel a beau reconnaître sa faute mais nier l’intention de blesser l’adversaire, il est pendu sur la place publique, certains exigeant, avant même qu’il ne soit jugé par les instances fédérales, une sanction exemplaire, se focalisant sur les conséquences de la blessure. Le site internet d’un grand quotidien néerlandophone va bien plus loin encore, invitant ses internautes à élire le plus grand criminel de l’année. Le nom du Standardman est incorporé à une liste dans laquelle figure, notamment, le nom de Kim de Gelder, responsable d’une tuerie dans une crèche de Termonde. Invraisemblable!

S’appuyant sur un entourage familial qui lui a toujours été, dans chaque situation, d’un précieux soutien et de bon conseil, Witsel porte plainte, mais fait le gros dos. Il profite des huit semaines de suspension qui lui sont infligés pour se reconstruire, en silence. Pour se forger une carapace, pour mûrir comme homme et comme footballeur, et grandir, tout simplement. “Cet épisode m’a permis de faire le tri parmi ceux qui, jusque-là, prétendaient être mes amis“, dit-il, lucide. “Aujourd’hui encore, on me reparle souvent de cet accident. A croire que je n’ai laissé, sur les pelouses belges, que ce souvenir-là. Si c’est vraiment le cas, c’est bien triste…”

C’est sur un nouveau trophée, une Coupe de Belgique remportée face à Westerlo, qu’Axel Witsel quitte le Standard, en juillet 2011. Destination Lisbonne! Il devient le deuxième joueur belge, après Michel Preud’homme, son ancien coach, à porter le maillot de Benfica. “Je suis donc resté fidèle à mes couleurs, le rouge et le blanc“, dit-il en riant. “Benfica, c’est le club qui s’est montré le plus concret et le plus rapide sur la balle“. Comme Preud’homme, Axel s’installe dans la baie de Cascais, village traditionnel de pêcheurs, le long de l’océan Atlantique. “Un endroit merveilleux“, dit Witsel, qui y a d’ailleurs conservé la maison qu’il occupait.

Puis, contre toute attente, alors qu’il était annoncé au Real Madrid et à l’AS Roma, c’est le grand départ pour le Zenit Saint-Pétersbourg, le club le plus puissant de Russie, vainqueur en 2008 de la Coupe de l’UEFA, contre une somme de 40 millions d’euros. Cela fait de lui le joueur belge le plus cher de l’histoire, avec Eden Hazard, passé dans le même temps de Lille à Chelsea. “De la pression? Quelle pression?“, dit-il en évoquant la somme astronomique de transfert et, partant, des responsabilités qu’il doit assumer au sein de sa nouvelle formation. “Rien, sur un terrain, ne m’a jamais fait peur…

Enfant de la balle, Axel Witsel est aussi un homme de coeur. Pour preuve, le geste qu’il a posé, il y a quelques semaines, en versant un chèque de 20.000 euros à l’ASBL liégeoise “Safari des Anges”, dédiée aux enfants défavorisés. “Cela faisait un bon moment que j’avais l’intention de faire un don“, dit-il. “C’est un ami qui dirige cette association et je sais donc que cet argent sera utilisé à bon escient“. Il servira, concrètement, à la construction d’une école primaire pour enfants malvoyants et aveugles, ainsi que d’un orphelinat en République démocratique du Congo. “Le projet me plaisait. Mon père se rendra d’ailleurs là-bas pour constater l’état d’avancement des travaux. C’est un geste qui me tenait à cœur. J’ai toujours dit que Dieu m’avait donné une chance incroyable de faire le métier dont j’ai toujours rêvé et de gagner super bien ma vie. Recevoir est une chose, donner en est une autre…”

C’est tout cela à la fois, Axel Witsel. Un garçon bien dans sa peau, modeste, réfléchi, respectueux et reconnaissant, qui cultive au jour le jour des valeurs que lui ont enseigné Sylvie et Thierry, ses parents, dès sa plus tendre enfance..


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