Dries Mertens

Pourquoi Mertens est le meilleur ailier…

Pourquoi Mertens est le meilleur ailier... - DSC 9173 e1444054321540 - Pourquoi Mertens est le meilleur ailier… -  actu diables rouges

Il mesure 1m69. Il est né en 1987. Non, il n’est pas Argentin. Non, il ne s’appelle pas Lionel Messi. Il est belge, pas de bol (pour eux). Il s’appelle Dries Mertens. Il joue pour Naples. Et est peut-être belge le meilleur ailier belge de ce Mondial.

La Coupe du Monde des Diables n’avait même pas encore débuté que le sujet de conversation revenait sans cesse. Hazard fatigué, Hazard cramé, Hazard pas motivé pour les matchs amicaux, et bla, bla, bla… Usant. D’autant que ces discussions stériles occultent le vrai fait marquant de cette Coupe du Monde. Le meilleur ailier des Diables s’appelle probablement… Dries Mertens! Un petit ailier atomique qui a percé sur le tard. Et sans doute, selon l’opinion de l’auteur de ces lignes, le meilleur atout des Diables pour flamber au Brésil. En vérité, en se contentant de regarder les performances des joueurs offensifs de Marc Wilmots durant cette qualification, la supériorité d’Eden Hazard n’est pas évidente. Au contraire. Mertens s’est souvent montré plus décisif. Plus virevoltant. Et moins nonchalant. Mais voilà, le frère de Thorgan est le patron à Chelsea. Et une star mondiale avec qui Mertens ne peut rivaliser que sur le terrain. Qui oserait prétendre que l’ailier du Napoli s’est montré moins performant avec les Diables qu’Eden Hazard?

Pourtant, le petit Mertens a bien failli ne pas passer pro. À cause de son physique à la Valbuena (en beaucoup moins moche). Et surtout à un blaze beaucoup moins sexy qu’Eden Hazard. Les choses commençaient mal. Et puis, Mertens est devenu Driesinho… Profitant sans doute de la hype des nains de jardin, lancée par le Barca de Guardiola. Du jour au lendemain, les formats de poche étaient redevenus bankables. Les grands costauds aux pieds carrés faisaient moins recette.

La mode des nains de jardin

Dans le fond cette idée de lancer tous ces petits formats sur le pré est une histoire de mode. Le foot, ça n’a pas toujours été Fort Boyard. Messi, Iniesta, Xavi, Götze, Hazard, Bakkali, Valbuena, Boussoufa… Avant eux, il fallait du muscle, de la taille et de la testostérone. Ou un charisme et une dégaine d’acteur. Le footballeur nouveau a changé et perdu quelques centimètres. Les nouveaux venus sont des types discrets, précis, efficaces. Même pas légèrement soulards. Ni charismatiques, ni politisés… À l’inverse du «grand» Diego, géant malgré son mètre soixante-cinq, aujourd’hui, les joueurs de petite taille se contentent simplement d’être doués avec la gonfle. Mertens est l’un d’eux. Aussi excitants sur le terrain que sans éclats en dehors.

Seul son parcours retient l’attention tant il se révèle peu classique. La saison 2011-212 avec Utrecht, il termine deuxième meilleur passeur d’Europe derrière Messi et devant Hulk! L’année précédente, il avait été élu deuxième meilleur joueur d’Eredivisie, talonnant Luis Suarez de l’Ajax, parti polémiquer à Liverpool. De sacrées références. Suffisant en tout cas pour convaincre le PSV Eindhoven de délier les cordons de la bourse et d’allonger 7 millions d’euros pour s’offrir le petit Mertens. Un coup dans le mile! Avec lui, associé à Toivonnen et Matavz, le tout soutenu par Wijnaldum, les rouges et blancs ont mitraillé à tout va aux avant-postes.

Trop court pour Anderlecht?

Mais comment expliquer qu’un tel talent, âgé de 24 ans déjà, explose si tard? Un mauvais timing assurément. Il y a quelques années, alors que Dries évoluait en équipe de jeunes, on ne faisait pas trop confiance aux joueurs de petite taille. Alors que Bakkali a reçu directement sa chance cette année, Mertens avait dû patienter très (trop) longtemps. S’il débutait aujourd’hui, peut-être que les choses seraient différentes.

Mais tout cela ne suffit pas à comprendre les retards à l’allumage qu’a connu sa carrière. L’explication est certainement à chercher dans la frilosité légendaire des clubs belges en matière de politique de jeunes, à l’époque. Les choses ont bien changé depuis lors. Formé à Anderlecht, Mertens n’y recevra jamais sa chance. Comme Maarten Maertens, Cheikh Tioté, Vadis Odidja, Roland Lamah etc. La liste est longue. À 17 ans, il se tire à La Gantoise. Sans plus de succès. Il est prêté à Alost, club de D3. À 19 ans, dégoûté, le natif de Leuven choisit l’exil. Il rejoint les Pays-Bas et le petit club d’AGOVV Apeldoorn, en D2, histoire de prendre un nouveau départ. Banco!

«Le football physique pratiqué en Belgique ne me ne me convenait pas trop, au contraire du football néerlandais, plus technique, plus axé sur la combinaison… Aux Pays-Bas, la porte est toujours ouverte pour les jeunes. Je ne sais pas comment les mentalités évoluent en Belgique, mais il faudrait s’inspirer de cet exemple néerlandais et ne pas toujours aller chercher ailleurs ce que l’on a parfois sous la main. Ce n’est pas uniquement une question de formation mais plutôt d’accorder une chance aux jeunes. L’enseignement que j’ai reçu à Anderlecht était de qualité également» expliquait-il en août 2011. Après deux saisons en D2 néerlandaise, il est élu meilleur joueur de la série. Du coup, il décroche un transfert à Utrecht, outsider de D1. Puis enfin au PSV, place forte historique du foot batave, malgré l’intérêt d’Anderlecht. Ironie du sort, son club formateur n’a pas les reins assez solides que pour rapatrier son enfant égaré.

Sans surprise, ses idoles sont issues de la formation catalane. Xavi, Iniesta et Messi, bien sûr. Des gnomes magiques, à la technique exquise. Dries aurait dû naître en Catalogne. Voire en Argentine, histoire de se faire repérer par les recruteurs du Barça.

Son transfert à Naples pour 9 millions d‘euros aura presque été pour le Diable une consécration. Oui, un joueur d’1mètre 69 peut s’imposer dans un championnat aussi rugueux et exigeant que la Série A. Et chez un cador comme le Napoli, avec une pression et un public aussi bouillant, ce n’est pas anodin. Après une période d’adaptation logique, Mertens enrobe le tout avec 11 buts et 8 assists en 33 apparitions. Solide. Sa carrière pourrait définitivement s’envoler au Brésil au rythme de ses percées supersoniques et de sa frappe d’une précision chirurgicale.

Un râteau à Pamela Anderson

Attention à la grosse tête tout de même… «J’ai posé un lapin à Pamela Anderson», lâchait Dries Mertens dans nos éditions, à propos de la bimbo de 44 ans. «Un soir, dans un hôtel à Liverpool, elle m’a invité à prendre un verre. J’ai refusé: j’avais un match européen le lendemain, je devais me reposer». Dries Mertens qui envoie bouler le fantasme de toute génération? Un message d’espoir pour tous les jeunes garçons complexés de moins d’1m70.

 


Vous aimez redzone ?  Continuez l’expérience en nous suivant sur :

Facebook  /  Instagram  /  Twitter  /  Youtube

Click to comment

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

To Top