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Diables rouges: presque un quart de siècle sans perdre en poules

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La Belgique et la Coupe du monde ont une longue histoire commune. D’abord – et peu de gens le savent – notre pays fut le premier à… s’inscrire dans une compétition dont on a essuyé les plâtres en 1930 en Uruguay pour célébrer le centième anniversaire de l’indépendance du pays hôte.

En guise de reconnaissance vis-à-vis de l’intérêt belge à cette nouvelle compétition organisée au bout du monde et boudée par une majorité de nations européennes (l’Angleterre, l’Espagne et l’Italie en tête), le public uruguayen prit fait et cause pour l’équipe belge. Laquelle, après une traversée de l’Atlantique de deux semaines sur le paquebot Conte Verde (certains joueurs prirent jusqu’à 8 kilos faute de pouvoir s’entraîner), eut à peine le temps de poser ses valises qu’elle se faisait sortir du tournoi par les Etats-Unis (3-0) et le Paraguay (1-0).

Pourquoi cet arrêt sur image en noir et blanc ? Tout simplement parce qu’entre cette première édition à 13 équipes (dont 4 européennes) et la première victoire belge (3-0 face au Salvador en 1970 au Mexique), s’écoulèrent très exactement quatre décennies. Quarante ans avant de ne plus enchaîner défaite sur défaite et de gagner enfin !

Instaurée dès 1950 pour éviter les éliminations précoces des favoris, la phase de poules impliqua la Belgique à dix reprises après le triplé des participations aux trois premières éditions (1930, 34, 38). Un exercice où l’art consommé de notre pays pour le placement en ordre utile, et parfois les calculs d’apothicaire, valut aux Diables plus de qualifications pour le tour suivant (1982, 1986, 1990, 1994, 2002, 2014) que de déconvenues (1954, 1970, 1998).

Message destiné à rassurer Roberto Martinez : la phase de poules est donc un exercice maîtrisé. Au point que, lorsque l’on prend la peine de se pencher sur le fil conducteur du parcours belge avant les différentes phases à élimination directe, un constat saute aux yeux : l’équipe nationale reste, mine de rien, sur une série en cours de 10 rencontres sans défaite. La dernière en date remontant à ce Belgique-Arabie saoudite de 1994 qui, la qualification étant acquise, coûta à la Belgique une première place censée l’envoyer affronter à l’Eire plutôt que de la pousser dans les griffes de l’ogre allemand en huitièmes.

Seuls le Brésil et l’Argentine font mieux que la Belgique

Depuis, les Diables ont enchaîné trois participations à la Coupe du monde et même une quatrième actuellement en cours. Pour un bilan affichant 3 partages en 1998 (mais une élimination tout de même au premier tour), 2 nuls et 1 victoire (décisive, celle-là, face à la Russie) en 2002 et encore 3 nouveaux succès en 2014. Ajoutez-y un 3-0 au petit trot face au Panama lundi dernier et le compte est bon : une invincibilité de dix rencontres ! Et ce total est encore susceptible d’être amélioré si Hazard & cie parvenaient à battre la Tunisie ce samedi dans le stade du Spartak Moscou.

A la lecture de ce bilan qui porte sur près d’un quart de siècle, les historiens du football belge reconnaîtront au passage, avant de retrouver l’Angleterre pour le troisième match du groupe G, que les cadors ne se sont tout de même pas bousculés sur le chemin de la sélection tricolore. Parmi les adversaires, une seule nation émargeant au top 10 du ranking Fifa : les Pays-Bas, 8es mondiaux en 1998. Pour le reste, aucun épouvantail (Russie deux fois, Corée du Sud deux fois, Mexique, Japon, Algérie, Panama et bientôt Tunisie une deuxième fois).

Ceci explique donc en partie cela. Même si, à l’inverse, il convient de relativiser le fait de… relativiser en précisant qu’à l’entame de sa série en cours, la Belgique n’était classée qu’à la 35e place pour la 3e en ce début de Mondial russe. Autant dire qu’une recontextualisation de certaines victoires (la Russie en 2002, par exemple) permet de mieux apprécier l’alignement de ces 10 rencontres sans défaite.

Et pendant ce temps, qu’ont fait les autres grandes nations ? Seuls le Brésil (13 matchs sans défaite depuis le 1-2 de 1998 face à la Norvège à Lens) et l’Argentine (11, série en cours depuis le 0-1 de 2002 contre l’Angleterre) font mieux que la Belgique. Suivent l’étonnante Suède (10) puis le reste de la meute à 4 succès (France, Mexique, Portugal, Sénégal à 4 victoires de rang et moins).

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