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Martinez persiste et signe: il maintiendra Carrasco!

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La large victoire contre le Panama (3-0) n’ébranle pas les certitudes du sélectionneur par rapport à la fausse polémique Hazard-Lukaku, à sa défense à trois et aux difficultés criantes de Carrasco. États des lieux à trois jours d’affronter la Tunisie.

Le vestiaire est toujours en mode union sacrée.

La critique de Hazard n’en était pas une

«  On a joué avec un homme en moins pendant une mi-temps.  » Un simple constat signé Eden Hazard à l’issue du match contre le Panama qui n’a pas remué le moindre cil de l’intéressé, ni de Roberto Martinez. Lequel a éteint toute forme de polémique née uniquement dans le cerveau vérolé des chasseurs de buzz : «  Une critique du capitaine envers l’un de ses équipiers ? Ce n’est peut-être pas le mot juste. Il s’agit d’une phrase extraite de la vie d’un vestiaire normal où les joueurs sont capables de se dire et d’entendre des choses. Personnellement, ça ne me pose aucun problème. Le groupe a envie de s’améliorer et se montre exigeant, c’est tout. Notre vie en commun est saine.  »

Après une victoire aussi sèche pour un premier match de groupe, le contraire eût été étonnant. Même s’il y a forcément beaucoup à redire d’une première mi-temps en mode diesel, l’essentiel est acquis pour les Diables, à savoir prendre la tête du groupe. «  Quand vous gagnez 3-0, avec trois beaux buts, un entraîneur ne peut que se montrer satisfait, même si évidemment, le noyau doit encore grandir dans le tournoi. Si on avait battu le Panama 7 ou 8-0, les gens auraient dit que l’adversaire ne valait rien. Et si on avait perdu, c’eût été carrément la fin du monde. Voilà, c’est comme ça : il faut pouvoir l’accepter. »

2. Notre attaquant numéro 1 ne sombre plus

En d’autres temps, un aussi piètre début de match aurait foudroyé l’amour-propre de Romelu Lukaku. Au point de le sortir de la rencontre. Ces derniers mois, l’attaquant de Manchester Utd a effectué un énorme travail sur lui afin de ne plus se laisser plomber l’horizon personnel au moindre signe d’orage. Ses 29 % de duels péniblement gagnés en première période ne l’ont pas décontenancé. Au point que ses deux seuls essais cadrés de la partie, durement gagnés à l’arrache en milieu de seconde période, ont débouché sur autant de buts. Un doublé qui permet à Big Rom d’intégrer, avec 3 buts au compteur, le Top 3 des meilleurs buteurs en Coupe du monde derrière Marc Wilmots (5 entre 1998 et 2002) et Jan Ceulemans (4 lors des éditions 1986 et 1990). « Je préfère qu’il soit dans mon équipe que celle d’en face  », sourit Jan Vertonghen, bientôt relayé dans les éloges, par Thomas Meunier : « Romelu est notre attaquant et notre buteur, c’est l’évidence même. Qui peut la nier  ? »

Avec 15 réalisations sur les 10 derniers matches avec la sélection, Lukaku est actuellement juché sur le toit du cercle très fermé des meilleurs attaquants présents au Mondial. Le Marocain Ayoub El Kaabi (11 buts en 11 matches), le Polonais Robert Lewandowski (8/9) et le Ballon d’Or portugais Cristiano Ronaldo (8/9) suivent dans ses pas à distance respectable, ce qui se passe de toute forme de commentaire. « Il a accompli un énorme pas en avant, non pas dans sa carrière, mais dans sa tête  », analyse l’ancien sélectionneur Aimé Anthuenis qui s’érige défenseur de la cause du meileur buteur de l’histoire de la sélection. «  J’ai trouvé la critique très dure sur la première moitié de match de Romelu car il a tout simplement été privé de ballons faute de rythme et d’utilisation des flancs. Il aurait pu sombrer et se cacher, mais il a laissé parler son orgueil. »

«  À mes yeux, sa réaction et la fulgurance de ses deux jaillissements devant le but panaméen ne sont qu’une confirmation de sa grande force mentale  », poursuit Robert Waseige, qui s’y connaît en matière de psychologie pour avoir remis en selle un Wesley Sonck broyant du noir à la World Cup japonaise de 2002. «  Lukaku se sait installé au poste de nº9 en sélection et là où certains s’endormiraient sur leurs lauriers, lui, ça décuple sa motivation. »

«  C’est un buteur né qui veut fixer très haut la barre de ses records et ça se ressent sur son engagement  », embraie Anthuenis. «  Il ne défaillira plus à la moindre contrariété. » Ce temps-là semble révolu, en effet : « La maturité de Romelu m’impressionne  », concluait Martinez hier après-midi. «  Quand je vois la manière dont il bosse pour ses objectifs, je me dis qu’il a décidément tout en main pour devenir l’un des meilleurs du monde à son poste. »

3. Un tempo et des appels à soigner

Deux ans après le changement de sélectionneur, le schéma tactique a changé avec un passage d’un 4-2-3-1 à une défense à trois et un redéploiement en 3-4-2-1 qui engendre la même conclusion : les esthètes de la génération dorée cherchent toujours la clé face à des défenses cadenassées à double tour. Et plus spécialement face à des blocs bas comme l’Algérie, le Russie, la Corée du Sud ou le Panama en ont opposé à la Belgique lors des deux dernières Coupe du monde. «  Il s’agit d’une question de patience  », explique le coach fédéral. « L’erreur est de chercher tout de suite la perfection. Il faut être capable de saisir le moment où le dispositif adverse bouge sur ses bases. On ne revient à la question du rythme en première période contre le Panama. »

Et précisément, comment l’imprimer de manière juste et efficace ? « C’est toute la question par rapport à ce que j’ai vu  », relève Robert Waseige. «  Les prises d’écran, pourtant si efficaces car elles éliminent au moins un adversaire, ne sont jamais utilisées par les Diables. Tout comme les appels suivis de contre-appels sont trop peu nombreux face à une défense qui campe tranquillement sur ses positions en attendant l’interception. Aller vers le porteur du ballon puis repartir ou faire le contraire pour se libérer du marquage, constitue la seule solution pour libérer des espaces. Notamment pour l’utilisation des flancs, en direct ou en dédoublement via Meunier ou Carrasco. »

4. Pas touche à Carrasco !

Il faut ne pas avoir vu Belgique-Panama pour passer à côté de l’évidence : les flancs censés encadrer le trio défensif ou constituer la première option de reconversion dans ce type de système, ne répondent plus 5 sur 5. «  Pistonner de la sorte pendant tout un match, c’est un véritable don de soi, un acte de générosité intense  », souligne Waseige. «  Il faut être taillé pour le job, ce que ne me semble pas être Carrasco. Surtout dans ses réflexes défensifs. On lui en demande trop !  »

Pressenti comme délicat au vu des matchs de préparation, le contexte demeure sensible, en effet. Meunier n’affiche pas la forme de l’Euro 2016 et celle du début de mandat de Martinez, alors que Carrasco s’est éteint après un quart d’heure avant de sombrer défensivement en milieu de seconde période. «  Difficile de le rendre responsable à 100 % sur l’action de Murillo qui oblige Courtois à l’arrêt du match  », plaide Aimé Anthuenis. «  Vertonghen doit lui aussi endosser une partie des torts car il ne repique pas le joueur adverse. Une question de couverture mutuelle. »

Une action qui cristallise, tout entière, les passions autour d’une titularisation éventuelle de Chadli, samedi contre la Tunisie. Une éventualité que Martinez balaie indirectement en volant au secours de Carrasco. Quitte à forcer le trait et provoquer, il faut bien le dire, une certaine incrédulité au sein de son auditoire du Guchkovo Sports Center : «  Yannick n’a pas eu de chance sur sa première occasion. Mais il s’est montré fort et appliqué dans sa tâche défensive. Je suis satisfait de sa prestation. »

Traduisez : aucun changement à attendre face à la Tunisie qui, il est vrai, sera amenée à se découvrir pour tenter d’engranger ses premiers points dans ce Mondial. Pour résumer le dossier tactique : pas de défense à quatre, Kompany et Vermaeelen encore ménagés, Boyata une nouvelle fois en dépannage derrière, et Carrasco maintenu sur le flanc gauche.

5. Notre coach se montre philosophe

Trois joueurs qui écopent d’un carton jaune dans un match remporté 3-0, il faut bien avouer que cela fait un peu tâche. D’autant plus qu’outre De Bruyne, figurent deux défenseurs dans le lot : Meunier et Vertonghen. Déjà placé en état d’alerte orange avec les rééducations de Kompany et de Vermaelen qui n’augurent rien de neuf avant le rendez-vous anglais du 28 juin, le secteur doit gérer ce paramètre un peu inattendu. «  Le contexte d’une Coupe du monde est toujours particulier concernant l’arbitrage  », souligne Martinez. «  Les directeurs de jeu proviennent d’horizons très différents et affichent donc des sensibilités différentes. Témoin, les 8 avertissements distribués lundi à Sotchi. Nous connaissons les règles du jeu et nous nous adapterons en conséquence. »

Autant dire que la controverse de la récente élimination de Ciman en qualité de 24e homme, au détriment d’un secteur médian en surnombre, risque de ressurgir en cas de suspension d’un des titulaires, et encore plus si le duo des éclopés était contraint à différer son retour ou devait être victime d’une malencontreuse rechute.

En attendant, c’est sourire de façade du côté du sélectionneur mais les premières appréhensions commencent déjà à poindre en coulisses, nous dit-on.

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