Diables rouges

Après leur exploit, les Diables ne veulent plus s’arrêter !

après leur exploit, les diables ne veulent plus s’arrêter ! - PHOTONEWS 10725119 161 - Après leur exploit, les Diables ne veulent plus s’arrêter ! -  actu diables rouges

Depuis 1904 et le premier Belgique-France (3-3) de l’Histoire, les 73 derbys de ce classique des classiques, longtemps surnommé le match sympathique, ont compilé tant et tant d’épisodes mémorables. Mais le plus prestigieux d’entre eux – et le plus dramatique dans l’acceptation captivante du terme – est à venir. Il s’écrira en direct depuis la Russie ce mardi soir. Pour nous faire tout simplement grimper, après tant de kilomètres parcourus, jusqu’au palier de ce bon voisinage toujours entretenu par l’une ou l’autre rencontre amicale, mais trop rarement en match officiel. Le dernier du genre datant de la petite finale du Mundial 1986, perdu 4-3 par les Diables.

Depuis vendredi et la reconduction manu militari de la Seleçao brésilienne aux frontières russes, la France donne du « nos amis belges » à tire-larigot et du « une fois » pour ponctuer une phrase sur deux. Avec à la fois cette bienveillance familiale que l’on doit à un proche cousin mais aussi avec cette pointe de condescendance, de la part d’un pays référence à l’endroit d’une nation qui, précisément, n’en possède pas, faute de palmarès. Vu de Paris ou de province, que pèse en effet une finale de championnat d’Europe (1980) ou le dernier carré d’une Coupe du monde (1986) en regard de deux titres à l’Euro (1984, 2000) et surtout d’un point de croix brodé en forme d’étoile au-dessus d’un coq de basse-cour labellisé A.O.C Champion du monde 1998 ? Rien ! Ou tout au plus du grain à moudre pour alimenter une rivalité de cocardes tricolores promettant bien du folklore, en tribune comme dans les deux capitales où vit une forte communauté expatriée. Sans compter non plus, les lieux de vacances de l’Hexagone annuellement investis par des hordes de Belges, où les décibels promettent d’exploser toutes les normes de bruit autorisées.

Une finale avant la lettre

Mais ce match du siècle à notre petite échelle francophone, se déroulera aussi sur le terrain, et c’est là l’essentiel. Une finale avant la lettre, il faut bien le dire, tant Croatie-Angleterre est loin de faire se lever les foules dans l’autre moitié de tableau. Faudra-t-il chercher le vainqueur du tournoi du côté de Saint-Pétersbourg ? Des deux côtés de l’ancien poste frontière de Risquons-Tout, on s’emballe, on s’emballe et on s’emballe encore sur le sujet. Sans réponse possible avant le 15 juillet, rappelons-le pour prévenir toute forme de précipitation.

Ce duel entre Bleus et Diables sera avant tout un duel d’hommes. D’hommes qui se connaissent très bien. À un point tel que de solides amitiés se sont nouées au gré de leur mitoyenneté dans les vestiaires de Ligue 1 (Lille, PSG, Monaco) et surtout de Premier League (Manchester Utd, Manchester City, Tottenham, Chelsea). Le dernier petit match entre amis, en juin 2015 au stade de France, avait dégagé autant de motivation du côté belge que de confusion dans l’esprit de Coqs qui s’en étaient extrêmement bien sortis (3-4) au terme d’une véritable leçon de football dispensée par des Diables à titre tout à fait gracieux.

Contrairement au scénario brésilien de vendredi dernier à Kazan, cette demi-finale tranchera dans l’opposition de styles la plus parfaite entre deux adversaires, qui malgré un talent équivalent, portent haut l’étendard d’une conception opposée du jeu : la transition et le réalisme côté français, la possession et l’embrase de l’autre. De Deschamps à Martinez, de Mbappé à Hazard et même de Lloris à Courtois, on jouera donc au plus malin sur la touche ou entre les lignes. Ce sera à qui craquera la première allumette. À qui craquera tout court.

Écrire un peu plus l’histoire

Pour la France, habituée au cérémonial de ce mardi, du haut de sa 5e présence dans le dernier carré d’un tournoi majeur ces vingt dernières années (1998, 2000, 2002, 2016, 2018), il s’agira d’une étape supplémentaire dans le processus victorieux de son modèle de formation. Du côté de la Belgique où la suspension de Meunier constituera un paramètre particulièrement délicat à gérer, cette nouvelle marche à franchir pourrait renforcer un peu plus le passage à la postérité de la génération dorée belge. Qui, dans le seul cas d’une accession à la finale, aura définitivement relégué en seconde position au hit-parade des cœurs, la décennie fabuleuse de Guy Thys (une finale de l’Euro, une demi-finale mondiale et deux huitièmes de 1980 à 1990), dont le matériel à disposition était loin d’être celui de Roberto Martinez, il convient de le préciser pour les moins de cinquante ans.

Sur ces bonnes paroles, on laissera depuis Saint-Pétersbourg, chacun et chacune d’entre nous à ses pronostics et son insoutenable stress d’avant-match. Avec, plutôt à nonante qu’à quatre-vingt-dix minutes du bonheur, une certitude dans nos esprits embués : la Belgique est bel et bien candidate au double exploit, que marquerait au fer rouge l’enchaînement Brésil-France.

Click to comment

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

To Top