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Belgique – Japon: les Diables ne doivent pas penser au Brésil

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La Coupe du monde des Belges commence aujourd’hui. La précision s’imposait, accompagnée des inévitables bons baisers de Russie au bas de la carte postale oblitérée depuis les portes du Caucase, à mille bornes au sud de Moscou. A l’heure où, au pays, la torpeur estivale s’est invitée sous les tonnelles et que le rosé patiente au frais en prévision des barbecues potentiellement à venir, il n’est peut-être pas superflu d’insister sur une chose : tout ce qui a été dit, écrit, vu, lu durant le tour de chauffe est à classer verticalement. Les gentils Panaméens sont rentrés chez eux avec leur chapeau sous le bras, le Tunisie reviendra – c’est promis – dès qu’elle aura cessé de miser sur des binationaux pour la plupart bidons, tandis que les réservistes anglais réenfileront leur survêtement pour assister à la suite du tournoi aux meilleures places, c’est-à-dire en bords de terrain.

Tout ça pour ça, nous direz-vous ? Eh bien oui. Tout ça pour préparer le jour J. Tiens, ça tombe bien, J comme Japon. Chronologiquement, et pour autant que le fil temporel ne soit évidemment pas rompu, le huitième de finale d’un tournoi précède toujours le quart. Lapalissade peut-être, mais évidence tout de même. A garder dans un coin de la tête, ça peut servir.

En un mot comme en cent, en une phrase succincte ou sous la forme d’un conseil d’ami à l’adresse des Diables : Messieurs, surtout ne vous trompez pas de match face à un adversaire qui a déjà réussi son tournoi au-delà de toute ses espérances. L’avertissement n’était pas tombé dans l’oreille de sourds voici quatre ans, au seuil d’une situation à peu près paramétrée à l’identique contre les Etats-Unis. Il n’y a donc aucune raison de ne pas la tendre une nouvelle fois pour écouter les consignes de sécurité. A la sortie de la phase de groupe du Mondial qu’elle avait remportée là aussi sans le moindre faux pas (mais avec un peu plus d’opposition tout de même), la jeune génération dorée des Diables s’était retrouvée devant les mêmes impératifs de gestion : entrevoir l’Argentine avant l’heure mais en passant par les States. On sait ce qu’il est advenu, avec une issue heureuse (1-2, a.p.) mais que la Belgique dut, entre autres, à un arrêt énorme de Courtois juste avant l’entame de la prolongation.

Comme l’« Albiceleste » de Messi à Brasilia, la « Seleçao » de Neymar risque de s’inviter dans ce Belgique-Japon pour faire insidieusement monter le facteur risque. Un premier match à élimination directe où les Diables auront tout à perdre et rien d’autre à gagner. Rien d’autre qu’une simple confirmation passant par l’oblitération d’un billet les autorisant à monter dans le quart. Tout autre scénario serait vécu comme une humiliation pour une génération de joueurs qui n’auraient plus qu’à quitter le plateau. Pour de bon.

Dès lors, la vigilance s’impose à un stade dévidoir de la compétition où le droit à l’erreur se résume souvent à une demi-pointure trop peu, à un crampon resté accroché dans la pelouse, à une hésitation fatale. Cette concentration prescrite sur ordonnance doit également s’accompagner d’une hausse du niveau de jeu. Il ne s’agit a priori pas là d’un obstacle insurmontable pour des Lukaku, Hazard ou Mertens qui permettent au trident d’attaque belge de passer les défenses adverses sous leurs fourches caudines. A l’heure où la Coupe du monde est enfin entrée dans toute sa dimension, croire le contraire s’assimilerait à une faute de goût. Pire, à une faute professionnelle.

Roberto Martinez en est le premier conscient. Après le temps de l’acclimatation, de la tentation du calcul ou de la rotation, voici venu celui des obligations. Et de la première prime à la performance, celle qui accorde (au mérite) la chance et le droit de se jauger face au gratin mondial. Pour que l’Argentine de Brasilia au cœur de… l’hiver brésilien, ne constitue plus un cas isolé au milieu de ce qu’il faut bien qualifier de grand désert. Hormis quelques amicaux de prestige remportés pour la gloriole.

Cette génération revendique de pouvoir rêver tout haut en regardant n’importe qui droit dans les yeux. Cette génération est peut-être soudée comme elle ne l’a jamais été face à l’un de ses ultimes grands objectifs. Cette génération est emmenée par des leaders pratiquement au sommet de leur art, au même moment et au même endroit. Mais cette génération ne peut pas se tromper dans l’ordre des priorités. Le Japon n’est pas le Brésil. Chaque chose en son temps. Attention donc, à ne pas rater la marche. Le ridicule tuerait.

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