Diables rouges

Meilleur gardien du Mondial: Courtois aux mains d’or

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La Belgique quitte la Coupe du monde sous une pluie d’applaudissements et d’éloges ainsi qu’un titre individuel pour Thibaut Courtois, désigné meilleur gardien du tournoi russe. Il succède à Jean-Marie Pfaff (1986, titre officieux) et Michel Preud’homme (1994) au palmarès des gardiens belges de l’éternité. Il est aussi le plus jeune (26 ans) à soulever le Gant d’Or.

Maître de l’espace du haut de son (quasi) double mètre, Thibaut Courtois s’est avancé vers une récompense individuelle que personne, même pas lui, ne lui promettait : «  Je ne pense pas que je serai désigné meilleur gardien du tournoi, cet honneur reviendra sûrement à un des finalistes…  »

Mais la grossière bourde de Hugo Lloris sur le deuxième but croate, hier, au stade Loujniki de Moscou, a confirmé que le portier tricolore, capitaine des nouveaux champions du monde, renonçait régulièrement à la lumière au profit de l’ombre. Cette séparation paradoxale des honneurs donne aussi un sens profond à la compétition, qui ne laisse pas forcément les vainqueurs s’approprier toute la gloire et les battus supporter le fardeau de l’oubli.

Car il aurait été injuste de voir cette Belgique si offensive, si spectaculaire, sortir de la Coupe du monde sans la moindre reconnaissance, alors que la planète entière a salué sa fraîcheur et dégainé les superlatifs à son égard. « Les Diables auraient fait de beaux champions  », clame le magazine So Foot, «  Ils terminent en beauté  », assure la BBC après la consolation remportée face aux Anglais (2-0).

Difficile de ne pas croire en ce football « noir-jaune-rouge » décomplexé, qui séduit par son renoncement au calcul, qui vise une maîtrise absolue du jeu et de la rupture. Mais pour parvenir à conserver un juste équilibre, il faut également accepter une part de souffrance, d’injustice comme les Bleus l’ont cyniquement rappelé en demi-finale. Et croire au talent de son keeper, un garde-fou confronté à des situations périlleuses, comme le suggère le parcours rocailleux de Thibaut Courtois dans ce Mondial. Pas moins de vingt-sept arrêts et un taux d’efficacité de 81,8 % en l’espace de sept rencontres, le Limbourgeois de 26 ans s’est inventé sa propre histoire à travers la réussite du groupe. Aujourd’hui, il porte une identité formidable, celle d’un Diable rouge qui a rejoint Jean-Marie Pfaff et Michel Preud’homme dans la postérité.

Ses duels angoissants avec Marcus Rasfhord et Benjamin Pavard, qui figent le temps et les affects et que n’auraient pas renié Sergio Leone, père du western spaghetti, ou son envolée sauvage sur une ultime tentative de Neymar ont marqué le tournoi russe, il sera facile de se souvenir de ses performances, de sa contribution à la grande épopée des Belges. « Un des plus beaux honneurs qu’un gardien peut recevoir ! Tellement fier de ça ! », s’est-il empressé de poster sur Twitter à l’annonce des résultats.

Des excuses spontanées

Pointé du doigt pour avoir critiqué le jeu défensif de la France quelques minutes après l’élimination en demi-finale, Thibaut Courtois a vu revenir les jours de fièvre, où les destins brisés se drapent de frustration, tel un boomerang. Là encore, il a dégainé la parade parfaite, se rendant spontanément devant les caméras des médias hexagonaux : «  J’ai peut-être réagi de manière inadéquate, je suis désolé, Antoine Griezmann a raison de dire que le plus important est de gagner.  »

Roberto Martinez, dont la « winning mentality » résonne dans chaque phrase, est à la tête d’une équipe qui a trouvé son identité, qui possède une vraie signature et capable d’assembler une somme d’individualités avec cohérence.

«  Je voulais aller le plus loin possible, c’était ça le plus important  », a encore souligné le gardien de Chelsea à la RTBF. «  Comme joueur, c’est fantastique de voir comment les supporters nous ont accueillis à notre retour. On ne s’en rend pas compte lorsqu’on est plongé dans l’aventure.  »

Plus jeune lauréat du Gant d’Or (depuis 1994, date de sa mise en circulation officielle), Thibaut Courtois est aussi le premier non-finaliste à être récompensé depuis un certain MPH, il y a 24 ans, le signe d’un destin qui s’ouvre, peut-être, à des jours encore plus beaux…

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