Diables rouges

Le rêve brésilien a failli tourner au cauchemar japonais

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Il s’en est fallu de très peu que le quart de finale face à la Seleçao promis aux Diables s’offre au Japon, qui ne l’aurait peut-être pas volé.

Le passage des huitièmes vers les quarts était plus étroit que prévu, face à un adversaire japonais qu’il a fallu aller rechercher avec les dents à 0-2 pour signer un 3-2 à l’ultime minute. Après l’Argentine en 2014, le Brésil fera face à la Belgique en quarts de finale, vendredi à Kazan. Contre le favori du Mondial, l’heure de vérité a enfin sonné pour jauger cette génération dorée qui pour le même prix, aurait déjà pu faire ses valises.

Il a été minuit moins cinq. Si pas moins une ! Promis à cette génération dorée que le monde entier encense depuis maintenant dix ans, le quart de finale du Mondial 2018 a bien failli être offert sur un plateau à une équipe du Japon qui, au nom de son sacrifice sur l’autel du réalisme et du volume de course, ne l’aurait peut-être finalement pas volé. Oui, mais voilà : les dieux du foot ont sans doute eu une petite pensée pour les Diables à l’heure où l’enfer et la damnation leur étaient promis. Pour s’être presque fait hara-kiri pendant une heure.

Et probablement aussi ont-ils choisi d’afficher une certaine mansuétude à leur égard afin de sauver à la fois le tournoi d’un manque d’affiche criant mais aussi de préserver l’ultime chance de briller dans une compétition officielle pour cette équipe belge dont les plus anciens vont tout doucement commencer à basculer vers l’autre versant. Ce sera donc bien Brésil-Belgique en quarts, vendredi. Comme prévu, mais avec de sacrés retards à l’allumage, côté tricolore.

Si les tergiversations de la fédération brésilienne et deux trois embrouilles propres au marché sud-américain en matière d’organisation de matchs amicaux n’avaient pas eu raison de la patience de Roberto Martinez en début d’année civile, il y aurait déjà eu un Brésil-Belgique, mais à la fin du mois de mai à Wembley. Lorsqu’il a pris la décision de mettre fin au jeu de dupes, le sélectionneur belge savait déjà que les deux équipes risquaient de se retrouver quelques semaines plus tard, quelque part sur une pelouse de Russie. Ce sera effectivement le cas, mais après les scènes de liesse découlant d’un scénario hitchockien on ne sait trop s’il faut s’en réjouir aussi ouvertement. La Seleçao et sa horde d’artificiers du ballon promettent en effet bien du plaisir à un secteur défensif belge qui a affiché ses lacunes à Rostov-sur-le-Don.

Chadli a frappé un grand coup

Et particulièrement sur des flancs, que l’on sait être le point faible depuis le début des… éliminatoires et le passage à une défense à trois. Un schéma qu’il conviendra peut-être de revoir face à Neymar et Willian qui promettent déjà de s’en donner à cœur joie pour enfumer Meunier et Carrasco, complètement passés à côté de leur sujet face au Japon. Si le Parisien, auteur d’un assist sur le but victorieux de Chadli, possède un bagage suffisant et surtout une réelle intelligence de jeu pour espérer pouvoir se rebiffer et entrer enfin de plain-pied dans son tournoi, le cas de Carrasco devient plus que préoccupant. Problématique, même. D’autant que Chadli, dans tous les bons coups en une petite demi-heure sur le terrain, fait plus que frapper à la porte du sélectionneur : il vient de l’enfoncer d’un magistral coup d’épaule.

Mais d’ici à vendredi, se reposera aussi une nouvelle fois la question du maintien d’un triangle défensif au cœur duquel la rentrée de Kompany est loin d’avoir convaincu. Difficile de se montrer trop cassant envers l’ancien capitaine, à peine sorti de convalescence et qui n’affiche que quelques séances d’entraînement au compteur, comme ça s’est vu en seconde période où il s’est montré nettement moins strict. Cependant, si le sélectionneur devait opter pour la poursuite dans la voie tracée depuis bientôt deux ans, il conviendra de sécuriser l’ensemble du secteur, ce qui n’est pas gagné d’avance.

Pour le reste, le public belge doit encore se dire, à tête plus ou moins reposée après avoir fêté une qualification au saké, qu’il a assisté à ce qui s’assimile tout de même à un petit miracle.

Aux deux buts infligés par le Japon à Courtois en l’espace de quatre minutes (48e, 52e), la vieille garde dont les fers de lance furent incontestablement Fellaini et Chadli montés au jeu, a répondu par deux goals dans un espace-temps rigoureusement identique (69e, 73e). Pour commencer à sauver ce qui, finalement, put l’être.

Et comme ce fut le cas avec Tim Howard dans le huitième à Salvador de Bahia face aux Etats-Unis, Eiji Kawashima, gardien très moyen comme en témoignent ses passages au Lierse puis au Standard, se transforma soudain en muraille infranchissable. Jusqu’à un ultime coup de reins et la délivrance offerte sur la dernière attaque, par Chadli. Le liégeois se muant, en l’espace d’une seconde, tout à la fois en homme du match et en une sorte de highlander ressurgi du néant après une année à l’infirmerie ou au mieux sur le banc de West Bromwich Albion.

Pour la première fois en l’espace de dix matchs dans la phase à élimination directe, la Belgique est donc parvenue à remporter une victoire sans passer par la case prolongation. Pour une qualification en quarts qui, paradoxalement, se méritera vraiment à Kazan, face au Brésil. Ou cette fois, une tenue correcte sera exigée.

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