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Diables rouges: que reste-t-il de la Coupe du monde?

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L’effet Coupe du monde est déjà tangible: le nombre de premières affiliations augmente, la 3e place en Russie remplira les caisses ou encore les contrats de sponsoring sont rouverts et se renégocient à la hausse. Pour maintenir cette atmosphère positive, Roberto Martinez sait qu’il n’y a qu’un seul moyen : maintenir la courbe actuelle des résultats pendant deux ans, jusqu’à l’Euro.

Sur quoi a réellement débouché ce retour triomphal à ciel et cœur ouverts, sur le toit d’un bus à impériale pris d’assaut par une marée noire-jaune-rouge ? Cinquante-cinq jours après l’entrée définitive de la génération dorée dans l’Histoire de notre football, la vie a repris son cours : DJ Eden a rangé la platine pour réenfiler son bleu de travail chez les Blues de Chelsea, la foule des supporters a retrouvé le chemin du travail en ordre dispersé au fil d’une fin d’été planante pour le sport belge, les pigeons du balcon de l’hôtel de ville de Bruxelles ont repris possession de leur perchoir et le pavé de la Grand-Place a été rendu à ses touristes habituels.

Depuis mardi, les héros de l’épopée russe ont peu goûté à ce moment particulier des retrouvailles d’après-exploit. Un moment fort, fardé de fierté mais aussi parfois teinté d’une pointe de regret, nourrie d’ailleurs par beaucoup d’entre nous par rapport à une chance unique passée sous le nez d’une lignée de joueurs tout aussi unique.

A l’heure où Roberto Martinez et ses Diables mettent le cap sur Glasgow pour la remise en route de l’outil industriel, plusieurs questions se posent, parfois au travers d’un spectre plus large que le simple prisme sportivo-sportif, par rapport aux retombées engendrées par la réussite totale de cette Coupe du monde.

1) Enfin une vraie image de marque à l’échelle planétaire

La renommée des internationaux belges aux quatre coins de la planète (et en particulier les plus vendeurs du côté des marchés asiatiques) n’est plus à démontrer depuis longtemps. Mais là où, jusqu’ici, Eden Hazard, Kevin De Bruyne ou Romelu Lukaku étaient bancables au travers de ce qu’ils représentent dans leur club anglais respectif, ils sont désormais tout aussi bien étiquetés Red Devils que made in Premier League. Un constat qui s’appuie notamment sur l’augmentation des sollicitations dont fait l’objet l’Union belge par rapport à des demandes de partenariats logistiques et/ou financiers. Si la Chine s’était déjà clairement positionnée au travers de sa fédération (collaboration au niveau de la formation des entraîneurs) et d’un de ses fleurons de l’électro-ménager nommé Chanhong (contrat de 600.000 euros pour l’exploitation de l’image des Diables pendant la durée du Mondial 2018), d’autres candidats à l’acquisition du savoir-faire belge se manifestent depuis un mois et demi. «  Le Japon, la Corée du Sud ou encore le Maroc négocient actuellement un accès à notre football sous différentes formes possibles, explique le directeur technique national, Chris Van Puyvelde. Cela peut aller d’une location du Centre de Tubize pour des formations payantes à l’envoi d’entraîneurs belges à l’étranger pour de plus longs séjours. Une ouverture intéressante qui, à court terme, ne rapportera pas des centaines de milliers d’euros, mais qui peut à tout moment s’étendre du plan sportif au secteur commercial par effet boule de neige. Et là, on parlera d’autres sommes. »

Autour des tables de réunion de la Maison de verre, on entend en tout cas battre le fer pendant qu’il est chaud et surfer sur la vague d’une génération qui, nul ne l’ignore, ne sera pas éternelle.

2) Un sponsoring revu à la hausse, entre 15 et 20 %

Le récent renon d’Ergo et de Luminus parmi la palette des 13 sponsors principaux de l’Union belge avait fait craindre un premier mouvement de recul par rapport à un pic sportif largement atteint si pas, comme le craignent certains pessimistes, déjà dépassé. Mais pas de panique du côté de l’avenue Houba de Strooper, à en croire Filip Van Doorslaer, directeur Events à l’Union belge. «  Un des deux parraineurs cités a déjà été remplacé et nous sommes en négociation avec un second partenaire potentiel. Sans trahir la confidentialité à laquelle nous nous tenons, il faut savoir que tous les contrats récemment conclus comportent une clause d’augmentation systématique qui nous garantit une augmentation variable, entre 10 et 20 % (et même parfois davantage) au terme de chaque cycle de collaboration de deux ans.  »

Ce qui, sur une enveloppe sponsoring d’environ 10 millions, équivaut à une large fourchette comprise entre 1 et 2 millions.

3) Les chiffres du bénéfice du Mondial connus fin octobre, mais on parle d’un peu plus de 6 millions, merchandising inclus

Il est encore trop tôt, au rythme où tombent encore les factures, pour dresser un état des lieux définitif de la balance entre les recettes et les dépenses. «  Le département financier ne sera en possession de tous les chiffres que vers la fin octobre ou au début novembre », prévient Gérard Linard, le président fédéral, qui table sur les chiffres que Le Soir avait annoncés, à savoir un bénéfice net tournant autour d’un peu plus de 6 millions, merchandising compris. Un apport extrêmement intéressant dans un budget annuel oscillant, selon les années de tournoi, entre 45 et 50 millions. Prochain objectif, avec l’arrivée sur scène de la Nations League : empiler un maximum de recettes en supplément de la prime de participation d’1,5 million. Précisons que le vainqueur du Final 4 de juin 2019 percevra 7,5 millions. Sans compter les droits TV dont le montant pour la Belgique ne nous a pas été communiqué par l’UEFA.

4) Les affiliations en hausse de 6.047 unités par rapport à la moyenne annuelle habituelle

Le service affiliations de l’Union belge ne chôme pas, pitié pour lui ! Depuis le 1er juillet et le scénario hitchcockien contre le Japon, les demandes de première affiliation montent en flèche par rapport à la moyenne. «  Les chiffres parlent d’eux-mêmes, constate Gérard Linard. Par rapport aux deux mois de vacances de l’an dernier, la hausse est significative : on passe de 21.962 nouvelles affiliations en juillet-août 2017 à 28.009 à la même période en 2018. Et encore, nous ne sommes qu’à la rentrée des classes et tous les parents ne se sont pas encore préoccupés des activités parascolaires de leurs enfants. A l’heure où l’offre des sollicitations est largement plus variée qu’après le Mexique 86, pour évoquer également le cas comparable d’une demi-finale de Coupe du monde, on peut parler de réelles retombées par rapport aux exploits des Diables.  »

5) Gagner et encore gagner : un impératif pour ne pas enrayer la mécanique

Ce vendredi soir, ce sont pas moins de 18 des 23 médaillés de bronze russes qui fouleront la pelouse (à l’échauffement du moins) de Hampden Park. Ceux qui ne sont pas du voyage à Glasgow (De Bruyne, Januzaj, Fellaini, Benteke, Mignolet) le doivent au seul motif de blessure. La vague de retraites crainte en prélude du Mondial puis à l’issue de celui-ci, n’a donc pas eu lieu. «  Les 51 jours passés ensemble par les joueurs les ont marqués à un point tel que personne n’a envie de se passer d’une telle expérience dans 2 ans », estime Mehdi Bayat, l’un des deux responsables du département « Equipe nationale ». «  La flamme quelque peu vacillante après l’Euro a été rallumée par les mêmes joueurs qui se savaient critiqués au retour de France. La remise en question par rapport au capital sympathie un peu écorné est tout à leur honneur. La belle aventure n’est peut-être pas finie. En tout cas, dans l’esprit actuel, elle ne demande qu’à se poursuivre. »

Grâce à la stabilité de la structure (Martinez et Henry reconduits à la tête d’un staff qui n’accueille que le T3 Shaun Maloney) et du noyau, l’équipe nationale belge peut donc en effet s’épargner les affres des étapes de reconstruction. Son atout majeur pour continuer de rêver en grand !

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