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Diables rouges: la fin d’un cycle s’annonce pour cette génération

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La débâcle en Suisse a relancé le débat sur le statut de numéro un mondial des Diables : s’ils veulent aller au bout de leurs ambitions et remporter l’Euro 2020, il est temps de s’en donner vraiment les moyens.

«  Il faut se remettre en question et au travail, et se concentrer sur les éliminatoires à venir  », explique Eden Hazard. «  Cette gifle est peut-être ce qui pouvait nous arriver de mieux pour nous remettre les pieds sur terre  », a déclaré Axel Witsel. «  On va devoir réagir après cette grosse faute professionnelle  », ajoute Thomas Meunier. Dans la zone mixte de la Swissporarena de Lucerne, les Diables s’accordaient pour dire qu’une telle prestation ne pouvait absolument plus se produire. Heureusement, direz-vous. À eux, désormais, de transformer ces paroles en actes. Car, l’air de rien, on assiste à ce qui ressemble fortement… au début de la fin d’un cycle. D’un côté, cette génération dorée voit en l’Euro 2020 une dernière chance de s’offrir, et de ramener au pays, un premier trophée majeur. De l’autre, belle lapalissade, les joueurs auront deux ans de plus et auront peut-être dans un coin de la tête l’idée de raccrocher les crampons. Certains, comme Eden Hazard et Axel Witsel, sont en pleine possession de leurs moyens et semblent plus forts que jamais. D’autres, à l’instar de Vincent Kompany, sont déjà en nette perte de vitesse. Tant dans la qualité de sa prestation -avec un nombre incalculable de relances manquées – que dans son coaching du groupe – où sa fibre de leader est-elle passée ? –, le défenseur central de Manchester City n’a pas répondu présent ce dimanche en Suisse. Idem pour Nacer Chadli, qui faisait presque peine à voir après la rencontre tant c’est avec une mine dépitée qu’il s’est arrêté devant nous, conscient d’être passé totalement à côté de son sujet.

Les plus jeunes peuvent avoir l’impression que cette équipe est au départ de son aventure, leur jugement étant biaisé par la nouveauté des performances de haut niveau et de l’intérêt supplémentaire qui en découle. Mais trois Diables (Vincent Kompany depuis 2004, Thibaut Courtois et Jan Vertonghen depuis 2007) évoluent en équipe nationale depuis de longues années, quatorze pour le recordman Vince The Prince. Du onze de base type, la moyenne est d’une présence chez les Diables depuis neuf ans. Le changement, ce n’est pas maintenant mais c’est bientôt.

L’Allemagne sur la route des Diables ?

Même si l’objectif d’atteindre le Final Four de cette Nations League n’est pas rempli -ce n’est encore qu’un doux euphémisme tant le voyage en Suisse a viré au désastre –, les Diables bouclent leur parcours avec un total de neuf points qui leur permettra malgré tout d’être tête de série lors du tirage au sort des éliminatoires pour l’Euro 2020. C’est un minimum. Et pour cause, seules les deux moins bonnes formations de la Ligue A (l’Islande et l’Allemagne ou la Pologne) n’auront pas l’honneur d’être placées bien au chaud dans le chapeau 1. Une position à laquelle les Diables se sont habitués mais qui reste un avantage… en temps normal. Car le souci, et pour le coup -contrairement à la raclée subie en Suisse- ils n’en peuvent rien, c’est que l’Allemagne, qui a bouclé sa phase de groupes hier face aux Pays-Bas, risque bien d’accompagner l’Islande -bloquée à zéro point dans notre groupe- dans le chapeau 2 de ces éliminatoires. Tout dépend en fait du résultat de la Pologne ce mardi soir au Portugal. Si la place dans le groupe et le nombre de points est identique, c’est la différence de buts puis le nombre de buts marqués qui suivent dans la liste des critères de départage.

Même si la Mannschaft n’est plus que l’ombre de celle championne du monde en 2014, elle pourrait causer des soucis aux Diables si elle se retrouvait sur leur route, ce qui relève du domaine du plausible. Les deux premiers du groupe valideront leur ticket pour l’Euro 2020, ce qui laisse de la marge, mais la Serbie ou la Turquie et leur ambiance surchauffée les attend peut-être aussi, via le chapeau 3. Il s’agit d’un scénario catastrophe qui a une infime chance de se produire mais quoi qu’il en soit, les protégés de Roberto Martinez devront afficher un tout autre visage que ce dimanche.

Rendez-vous en mars, avec une motivation en berne

Dimanche, quand le marquoir de la Swissporarena de Lucerne affichait le score rêvé de 0-2 grâce à un doublé rapide de Thorgan Hazard, un coup d’œil sur le prix des billets d’avion pour le Portugal en juin a été jeté. Cinq buts encaissés plus tard, la page était refermée à tout jamais. Le premier Final Four de l’histoire se disputera sans les Diables, qui auraient aimé débloquer le palmarès mais qui ont salopé leur copie. Que ce soit en mars pour les retrouvailles ou en juin pour les matches prenant la place du Final Four, c’est avec le moral dans les chaussettes que les Diables devront se rendre à Tubize et affronter des adversaires encore méconnus. Le concept de cette Nations League -des joutes à enjeu au lieu d’amicaux sans intérêt- a été loué par Roberto Martinez. Le dernier carré aurait permis à ses protégés de conserver un rythme compétitif. Même si le tirage au sort des éliminatoires pour l’Euro 2020 leur réserve une mauvaise surprise, ils vont être replongés dans l’anonymat de phases qualificatives sans être inquiétés.

«Les Diables n’affrontent jamais personne, et ne parviennent de toute façon pas à battre les gros.» Cette phrase a été ressassée ces dernières années. Ce n’est plus tout à fait vrai depuis la victoire prestigieuse face au Brésil en quart de finale du Mondial russe mais le concept global reste d’actualité. L’Argentine en 2014, l’Italie en 2016, le Brésil et la France 2018, voilà les grandes nations affrontées en match officiel dans un passé récent, pour une victoire et trois défaites. En éliminatoires, les adversaires se nomment le pays de Galles, la Bosnie-Herzégovine, Chypre ou la Croatie, moins consistante à l’époque. C’est pourtant lors de ce genre de rendez-vous qu’il faudra se motiver et prester à un rythme élevé en vue de l’Euro.

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